LA VISION DE JEAN-PIERRE FALRET

La personne souffrant de troubles de santé mentale est d’abord une personne, sujet de droit et de devoir, capable d’intelligence et de progrès, qui a toute sa place dans le monde .

Cette phrase résume à elle seule le combat d’une vie. Celle du Docteur Jean-Pierre Falret, grand humaniste qui consacra toute sa vie à défendre inlassablement la cause des personnes souffrant de troubles psychiques : leurs droits, leur dignité, leur possibilité de guérison.

 

Elève de Pinel et Esquirol, Jean-Pierre Falret a été l’un des plus éminents psychiatres et chercheurs du milieu du 19e siècle. Il fit des découvertes scientifiques décisives et révolutionnaires, mettant en place les premiers tableaux cliniques et identifiant les « troubles bipolaires », autrefois appelés « folie circulaire ». Avec lui, on passe de l’aliénation mentale aux maladies mentales. Il décrit la maladie mentale comme « la forme la plus inhumaine de la maladie, celle qui défigure l’esprit ».

Sa vision en fit rapidement un précurseur. Une vision qui étonne encore aujourd’hui par sa modernité. On reconnaît progressivement « tout l’humain dans les malades ». Véritable pionnier, il est alors le premier à comprendre qu’il ne peut y avoir de guérison définitive sans suivi à la sortie de l’hôpital et qu’il est vital de créer des lieux d’accueil permettant de guider pas à pas ces malades convalescents vers une réinsertion sociale et professionnelle durable.

 HUMANISATION DES SOINS

Touché par la fragilité de ses patients « aliénés », ce médecin et chercheur participe à l’humanisation des soins, enseignant à ses élèves la bonté ,la patience et le respect des malades, tout en veillant à la création d’un environnement bien-traitant et sain (réformes hygiénistes). Jean-Pierre FALRET occupe également un rôle majeur dans les découvertes de la psychiatrie par ses travaux sur l’approche clinique et l’identification de la « folie circulaire » connue actuellement sous le nom de troubles bipolaires.

MILITANCE POUR UNE SOCIÉTÉ INCLUSIVE

Selon l’homme de sciences, la société doit évoluer et devenir inclusive. Il participe à la rédaction de la loi de 1838 obligeant la mise en place d’un établissement spécialisé pour les malades mentaux par département. Il insiste pour faire disparaitre les mots d’ «imbécilité », de « démence » et de « fureur » dans le Code Civil. Sous son impulsion, on ne parle plus d’ « aliénation » mais de « maladies mentales ».

CRÉATION DE L’OFFRE MÉDICO-SOCIALE

Conscient de leur fragilité et inquiet des risques de rechute, Jean-Pierre FALRET se lance dans la recherche d’hébergements et d’emplois auprès de ses relations pour permettre aux personnes sorties de ses services à l’hôpital de la Salpêtrière, du Kremlin Bicêtre ou de Vanves, d’être « accompagnées […] le temps nécessaire pour retrouver une place dans la société ».1

1 Loiseau, Charles. Eloge de Jean-Pierre Falret, lu dans la séance publique annuelle de la Société médico-psychologique du 18 décembre 1871 à Paris

Jean-Pierre FALRET crée en 1841, une société de patronage destinée à accompagner les personnes sorties des services de la Salpêtrière et du Kremlin Bicêtre. Cette société de patronage deviendra par la suite l’ŒUVRE FALRET, spécialisée dans l’accompagnement des personnes en fragilité psychique.

En mai 2013, son descendant Philippe Fabre Falret crée la FONDATION FALRET pour faire perdurer la vision du père fondateur et compléter la mission d’accompagnement de l’ŒUVRE FALRET avec pour objectif d’apporter de nouvelles solutions pour les personnes souffrant de fragilités psychiques et contribuer à changer les perceptions à leur égard.

 

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